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jeudi 11 juillet 2013

La femme qui valait trois milliards

L'homme qui valait trois milliards
Je lis de plus en plus sur écran, ordinateur ou téléphone. Je lis des mails, des tweets, des alertes Facebook, des fichiers attachés à des mails, des liens transmis sur Twitter ou Facebook, des sms, des numéros de téléphone ou des adresses, des blogs, etc.
A la longue, ça me déforme, physiquement (cérébralement aussi). Tout en moi se raidit. Je suis en train de devenir un montre. Déjà mon dos est une plaque métallique douloureuse. Mon cou est aussi rigide qu'un poteau électrique. Ma mâchoire ne se détend plus. Bientôt peut-être mes jambes s'endurciront et je me transformerai en femme qui valait trois milliards. Sauf que ça ne décuplera pas mes possibilités physiques, car je suis l'anti-Steve Austin. Non, ce sera un processus d'arthroïsation inéluctable. Peut-être, un jour, ne pourrais-je même plus taper sur le clavier tant mes mains et mes avant-bras pèseront des tonnes. Ni ouvrir les yeux pour lire, à force d'avoir les paupières lourdes. Je serai un monstre de métal immobile, incapable de bouger, incapable de vivre.
 
Aomamé fait de son mieux ainsi que les tasses de thé, mais ça ne suffit pas. J'ai peur de devenir un montre digital. Je le suis déjà.

jeudi 13 juin 2013

Aomamé


Aomamé 1Q84
J'ai rencontré Aomamé. J'étais dans 1Q84 et elle me pétrissait le corps. Les méridiens invisibles. Les muscles froissés. Elle a aussi démonté le squelette, fait craquer les vertèbres, torturé le bas-ventre. Appuyé sur les jambes pour débloquer le dos. A propos de mon plexus solaire, j'ai demandé : pourquoi j'ai comme un caillou, là ? Elle a dit : on ne se connaît pas assez pour que je vous réponde. De toute façon, vous n'êtes pas prête à entendre. Je n'ai pas insisté. Je lui ai demandé si elle avait déjà lu Murakami ? Elle a dit non, j'ai beaucoup de mal avec la littérature japonaise contemporaine. Je n'ai pas insisté non plus. Je sens que je l'agace avec mes questions. Elle m'agace également avec ses semi-réponses et le bruit dans le cabinet, radio, téléphone, sonnette de la porte d'entrée, conversations avec les autres patients, manque d'intimité. Pourtant, Aomamé, à mes yeux, c'est elle.
 
Quand je suis sortie de chez elle, je n'avais plus mal nulle part, je sentais l'énergie circuler et j'avais envie de danser et de fleurs pour la maison. Il faisait beau. Elle avait pris soin de mon corps. Un ami avec qui j'avais longuement parlé avait pris soin de mon âme. Minerva aussi, à sa manière, qui devine toujours mes démons. Je me suis sentie  légère, délestée de mes soucis. Plus tard, en écoutant de la musique, le plexus solaire s'est ouvert et l'émotion m'a envahie, la tristesse soudain muée en gratitude.

dimanche 5 mai 2013

1Q84

1Q84
1Q84 est un monde, le monde de Murakami. Entrer dans 1Q84 veut dire se transporter dans le Tokyo de 1984. Shibuya. Itabashi. Jiyugaoka. Les échangeurs d'autoroute, les trains, les montagnes.
Puis arrivent les Little People et les chrysalides de l'air.
On n'y comprend plus rien.
On comprend à nouveau.
C'est le monde de 1Q84.
Aomamé et Tengo.
Fukaéri la mystérieuse. Komatsu le bizarre.
La veille dame et Tamaru. La serre, les papillons.
La lune et les lunes.
Le monde de 1Q84. Le monde de Murakami.